Athlètes, artistes, hommes d’affaire, ils ont amassé des brouettes de dollars à ne plus savoir qu’en faire pour ensuite les dilapider en un temps record. Mais comment peut-on claquer des dizaines de millions en quelques années seulement ?

LES JOUEURS NBA
Faire une liste de tous les sportifs fauchés serait interminable. Dans la Premier League, les études estiment en moyenne que près de la moitié des footballeurs anglais et irlandais finissent ruinés 5 ans après la fin de leurs carrières. Pire, 78% des joueurs de la NFL seraient fauchés, divorcés ou sans emploi deux ans après leur retraite. Avec près de 60% de joueurs proches de la banqueroute, la NBA n’a pas à rougir de ces chiffres.

Allen Iverson ou l’histoire d’un désastre (presque) annoncé. Après avoir glané plus de 200 millions de dollars sur les parquets, l’icône du game s’est vautrée dans le jeu (il est banni des casinos de Détroit et Atlantic City), les achats impayés (principalement de la joaillerie) et l’alcool. Malgré les avertissements il a continué de maintenir son train de vie jusqu’à la ruine. Sa seule source de revenus actuelle serait son deal avec Reebok.
Scottie Pippen remporte la palme de l’achat le plus débile avec son jet privé acheté 4 millions de dollars qui n’a jamais décollé pour cause de contrôle technique défectueux. L’ancien Bulls n’avait déjà plus les moyens de le faire réparer… À la seconde place on retrouve Gilbert Arenas qui a décoré son hall d’entrée avec un aquarium à requins blancs.
Antoine Walker a épuisé son capital de 110 millions 3 ans à peine après sa retraite. La faute à son garage rempli de voitures de luxe et à son encombrant entourage : pas moins de 70 personnes qu’il faisait vivre ! Il est depuis impliqué dans une boîte de consulting financier auprès des sportifs de haut niveau.
OUI MAIS PAS EUX !
Michael Jordan (bien sûr) a réussi le tour de force de gagner encore plus d’argent depuis sa retraite que lorsqu’il était actif sur les parquets. Magic Johnson a lui investi dans Starbucks, avant que Starbucks ne devienne Starbucks. Jamal Mashburn est lui aussi devenu un businessman accompli principalement dans la restauration.
LES BOXEURS
Ali a été le premier sportif à toucher des sommes colossales dans les années 70. Tyson sera le plus riche dans les années 80. Aujourd’hui malgré le déclin de la discipline Mayweather reste haut la main le sportif le mieux payé du monde - et ce sans aucun contrat de sponsoring. Grandeur et décadence…

Mike Tyson pesait 300 millions de dollars au sommet de sa réussite. Il ne lui reste plus rien. La faute à un train de vie qui coute 400 000$ de frais mensuels, un divorce à 9 millions et trois tigres du Bengal à nourrir - 60k$ par an et par tête tout de même. Iron Mike enchaine depuis les caméos dans les films, les apparitions rémunérées et a même lancé (avec succès) son one man show.
Evander Holyfield c’est avant tout des chiffre : le seul détenteur dans l’histoire de la boxe des 4 ceintures de Champion du monde des Lourds ; 11 enfants et 7 mères différentes ; une maison de 109 pièces dont 17 salles de bains… Et une retraite prise à 50 ans sans avoir pu éponger ses dettes.
OUI MAIS PAS EUX !
Si George Foreman et Muhammad Ali ont tous deux connu de graves difficultés financières, ils ont in fine amassé plus de dollars une fois les gants raccrochés. Le premier, ruiné à l’orée des 80′s, a notamment prêté son nom à un fabricant de grill. Résultat Big George vaut désormais 250m$. Oscar de la Hoya n’est pas à plaindre non plus, sa société, Golden Boy Promotion, gère les carrières de Bernard Hopkins, Shane Mosley, Marco Antonio Barrera ou encore Canelo Álvarez.
LES RAPPEURS
« Top, down, my cash is up/ Gold chain, I don’t give a fuck » rappait un Jay Z réputé pour avoir comme seul pêché mignon les montres. Ironiquement, si les rappeurs promeuvent sans cesse les joies du matérialisme, rare sont ceux qui en profitent durablement.

MC Hammer a été le premier rappeur à devenir riche, en amassant 30 millions de dollars au début des 90′s. Une maison à 12m$, assortie de 200 employés et quelques procès pour copyright auront rapidement fait de lui le premier à connaître les joies de la banqueroute.
Young Buck faisait des allers-retours entre New York et Nashville accompagné de ses quinze voitures. Avec ce genre d’habitude la faillite n’est qu’une question de temps. Sa brouille avec 50 Cent (et le fameux coup de fil enregistré) le laissera sur le carreau pour de bon : toujours sous contrat avec le G-Unit, il devrait encore de l’argent à son ancien patron. Fait amusant, alors que ses biens étaient mis aux enchères, YB plastronnait sur Twitter les avoir rachetés lui-même.
Method Man a connu les affres des contrôles fiscaux de l’IRS. Pour justifier de ses démêles avec le fisc américain il a déclaré : « I was gonna pay my taxes, but then I got high ». Clairement l’excuse la plus WTFesque de tous les temps. Le pire c’est que connaissant le lascar, elle paraît plausible. L’IRS a déjà poursuivi Lil Kim (pour 979.090$), DMX (pour 1,5m), Nas (pour 3,3m), Swizz Beatz (2.1m)… D’autres comme Ja Rule ou Fat Joe sont directement passés par la case prison.
OUI MAIS PAS EUX !
Dur de connaître le patrimoine des rappeurs tant leurs fanfaronnades sur ce sujet sont poussées. À leur décharge et contrairement aux sportifs, une fois l’apogée de leurs carrières derrière eux (un rappeur est hot en moyenne entre 3 et 5 ans), un artiste peut jouer les prolongations et arrondir ses fins de mois, pour peu qu’il ait quelques hits au compteur, à coups de shows-case et de tournées des clubs.
LES CHANTEUSES
N’oublions pas que les artistes féminines vendent souvent bien plus que leurs homologues masculins. Ce qui n’arrange pas nécessairement leurs comptes.

TLC a vendu 23 millions de copies de CrazySexyCool, soit le deuxième album le plus vendu par un groupe de filles dans l’histoire de la musique. Les trois membres du groupe se sont pourtant déclarées en faillite un an après la sortie de l’opus. La faute à un contrat qui ne leur allouait que 7% des revenus de leurs albums. Charge à elles ensuite de payer leurs managers, producteurs, impôts et frais en tout genre - comme l’assurance de Left Eyes qui avait mis feu à la maison de son ex…
Toni Braxton est l’une des divas les plus dépensières du RnB. Après avoir écoulé 20 millions d’albums, elle se déclare en faillite en 1996. Une semaine après ses biens sont saisis, y compris ses Grammys et American Music Awards. En 2011, rebelote, ses problèmes de santé causant un imbroglio juridique avec son assurance, la poussant à faire de nouveau banqueroute.
Lauryn Hill a purgé 3 mois de prison fermes pour avoir esquivé les taxes de l’Oncle Sam. Elle s’est également retrouvée contrainte par injonction légale de sortir des morceaux sous peine de retourner au frais.
LES MOGULS
La catégorie la plus embarrassante. Après tout il s’agit d’hommes d’affaires talentueux qui se sont enrichis grâce à des modèles économiques innovants. Ces exemples de réussite se sont transformés en épaves financières quelques années après avoir été encensés.

Dame Dash a survécu au décès d’Aaliyah, au beef avec Nas, au 11 septembre mais pas à sa mégalomanie et son tempérament colérique. Toutes ses affaires lancées après sa rupture avec Jay Z se sont soldées par des échecs cuisants : son label Roc la Familia, sa marque Team Roc, sa collection d’art… Criblé de dettes, celui qui jetait ses vêtements après les avoir portés une seule fois doit désormais s’en mordre les doigts.
Master P alias l’homme qui a révolutionné le marketing de rue avec son label No Limit, alias l’homme qui valait 350 millions de dollar, alias l’homme qui a lancé une ligne de vêtements, une chaîne d’agences immobilières, des jouets à son effigie et même des lignes de téléphone rose. Il affichait il y a quelques années un revenu mensuel de 1 387$. Lui qui a redéfini la notion de baroque quand on parle de décoration intérieure (voir sa collection de lustres dans MTV Cribs) était également atteint du syndrome Michael Jackson : participer massivement à des œuvres de charité en signant des chèques avec de l’argent emprunté.
Jermaine Dupri a produit un nombre incalculable de cartons avec son label So So Def : Kriss Kross, Da Brat, Jagged Edge, Bow Wow et toute une flopée de one hit wonder. Celui qui rappait Money Ain’t a Thing a beau eu nié les accusations de banqueroute, il s’est retrouvé dans l’impossibilité de payer le leasing de sa Lambo #AhBenBravoMorray
OUI MAIS PAS EUX !
Diddy, Dr.Dre, Russell Simmons, Baby et Jay Z se tirent la bourre depuis une vingtaine d’années pour savoir lequel d’entre eux deviendra le premier milliardaire du rap. Avantage aux deux premiers cités.
LES RAISONS DE LA DÉCHÉANCE

Tous les cas présentent des similitudes :
- un entourage pharaonique
- divorces dispendieux et des pensions alimentaires en pagaille
- mauvais investissements (et les mauvais conseils qui vont avec)
- aucun plan de carrière une fois retraité (pas de diplôme, pas d’expérience)
- une amnésie caractérisée quand vient l’heure de régler ses impôts
- une addiction au gambling (Charles Barkley a avoué avoir perdu 10 millions au jeu, le golfeur John Daly ou le poker pro Phil Ivey ont confessé être des joueurs compulsifs…)
Deux facteurs prévalent cependant. D’un côté cette culture Hip Hop qui fait de l’ostentation l’objectif premier de la richesse et de l’autre l’incapacité de changer de mode de vie une fois la gloire passée. Même en se reconvertissant avec succès comme commentateur ou consultant, un basketteur verra au mieux son salaire divisé par 10.
[BONUS] LES PROCHAINS SUR LA LISTE ?

Chief Keef ou Soulja Boy et tous ces rappeurs teenagers qui ne parlent que de leurs revenus. En plus de cumuler toutes les tares des futurs-nouveaux-riches-pauvres, ils présentent bien souvent un QI inférieur à un billet de 20$.
Le crew YMCMB - Quand on connait le sens du partage des frères Williams dès qu’il s’agit de royalties - des anciens Hot Boys à Wendy Day, nombreux sont ceux qui leur ont intenté un procès. On ne peut qu’imaginer une suite des évènements assez funeste pour les seconds couteaux du label.
Floyd Money Mayweather - Vraiment ? L’homme qui est en passe d’ajouter 300 millions supplémentaires à sa cagnotte perso grâce à son deal avec Showtime ?!? Oui mais le boxeur le plus intelligent du game ne vit que pour exhiber sa richesse : sa collection de voitures à Vegas (en photo ci-dessus) existe à l’identique en noire à Miami, il lui arrive régulièrement de parier des sommes à 7 chiffres, son entourage est pléthorique (il a déboursé 600 000$ pour inviter ses « proches » à son combat contre Canelo)… D’autres avant lui ont chuté sans dépenser autant…
Aurélien
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« Il est important que les gars croient aux rêves, et il est encore plus important qu’il restent fauchés, [qu'ils] dépensent jusqu’au dernier cent pour tenter d’imiter mon style de vie. Il est plus facile de les contrôler s’il sont fauchés. C’est comme s’ils avaient des menottes dorées au poignet. C’est pour ça que je les paye juste ce qu’il faut pour qu’ils m’aiment, mais qu’ils aient toujours besoin de moi. Et tant qu’il auront besoin de moi ils me craindront. » - Jordan Belfort
Broke le documentaire de Billy Corben en VO
J’aime beaucoup le terme de futurs-nouveaux-riches-pauvres…
Le film de scorsese sur Jordan Belfort est un bon exemple…
Très bon article et très bon site !
Disons que Belfort ce serait plus le patron de maison de disques (et pas de label) et les rappeurs ses courtiers. C’est pour ça qu’il est cité plus haut, il résume tout.
Merci à toi Max, au plaisir.