Les liens entre l’industrie cinématographique et le gangstérisme dépassent le simple cadre de la fascination réciproque. Récit d’un mariage d’amour et de raisons où se mêlent narcotiques, concussions, porno et costumes croisés. #HollywoodNousBerne

Robert de Niro en Al Capone dans The Untouchables de De Palma
Dans son livre La Mafia à Hollywood, le journaliste Tim Adler propose une relecture des relations incestueuses qu’entretiennent ces deux mondes depuis près d’un siècle. Si jusqu’au début des années 20 l’industrie cinématographique n’éveille pas particulièrement les intérêts du crime organisé (on parlait alors de « mafia Mickey Mouse » pour moquer le réseau de Los Angeles), la nature ayant horreur du vide, la donne va rapidement changer. Le premier personnage à s’intéresser aux possibilités de tirer profit de ce nouveau marché sera Al Capone. S’il caresse un temps l’ambition de prendre possession des studios, les guerres intestines des gangs de Chicago le forcent à délaisser ses projets d’implantation. Ce retrait laisse libre cours au Syndicate (la mafia new-yorkaise), Lucky Luciano en tête, pour s’arroger le monopole du trafic de cocaïne (omniprésente à l’époque) et obtenir ainsi ses entrées dans le septième art.
The goose was in the oven waiting to be cooked - Frank Nitti
Mais c’est l’abolition de la prohibition début 1933 qui marque le coup d’envoi de l’idylle entre gangsters et entertainment. Si initialement le Volstead Act a pour but de moraliser la société américaine, dans les faits cette mesure permet de constituer de gigantesques empires criminels bâtis sur la contrebande d’alcool – leur chiffre d’affaire est estimé à 5% du produit national brut. Cette nouvelle donne se traduit donc par une perte nette de plusieurs millions de dollars pour l’Outfit (la mafia chicagoane). Conséquence, il devient grand temps pour tout ce joli monde d’émigrer et d’investir ses capitaux dans de nouvelles sources de revenus. Cela tombe bien, le cinéma est un excellent prétexte au blanchiment d’argent. La production de films nécessite l’apport de grosses sommes utilisables immédiatement. Des sommes que les banques se montrent longtemps réticentes à avancer, du fait du manque de viabilité à leurs yeux de cette industrie (trop volatile, faibles garanties de retours sur investissement…). Cette période consacre « l’âge d’or d’Hollywood », les années fastes de la pègre et le triomphe du film noir.

Johnny Fontane/Franck Sinatra & Don Corleone/Franck Costello
La conquête d’Hollywood passe par une recette largement éprouvée : le noyautage des syndicats. Une stratégie d’autant plus viable du fait de la forte concentration du milieu – à l’époque huit studios tiennent l’ensemble du business, de la production de films à la distribution en salles. L’idée est de prendre le contrôle de l’industrie, non pas par le sommet, mais de bas en haut. La mise sous tutelle les techniciens permet de racketter les exploitants et par extension les studios eux-mêmes. Deux hommes vont initier de cette combine à l’échelle locale : Willie Bioff, alias Wille le Pimp (un type qui n’hésitait pas à menacer de jeter de l’acide sur le visage des filles à peine majeures qui refusaient de se prostituer pour lui), et George Browne, qui deviendra le président de la toute puissante IATSE (International Alliance of Theatrical Stage Employee, le syndicat du personnel des salles de cinémas). Ils extorquent les exploitants de Chicago en agitant un éventail de menaces qui vont du sabotage à la grève en passant par le largage de boules puantes en pleine projection ou le déclenchement d’incendies. Ce racket se révèle tellement lucratif que Frank Nitti, ancien bras droit de Capone et nouveau bawse de l’Outfit, va reprendre la formule et l’appliquer sur tout le territoire. Les sommes générées deviennent alors colossales : en 1939, l’Amérique compte plus de cinémas que de banques, chaque semaine 50 millions de personnes se rendent à une projection.
Ce n’est pas un business, c’est un racket
Autre profession gangrenée par les truands, les figurants. Sous l’influence de Benjamin « Bugsy » Siegel , se met en place une mécanique redoutable – entaillant quelque peu le pacte établi entre l’Outfit et le Syndicate, initialement cantonné au jeu et à la prostitution. Toute personne souhaitant faire de la figuration doit impérativement s’inscrire au syndicat des figurants. Les studios se résignent contraints et forcés à refuser d’embaucher des non-adhérents. Siegel se graissent les poches en prélevant un pourcentage sur les cotisations et salaires des adhérents, et fait grimper la note en facturant tout un tas de figurant fictifs. En sus est agitée la menace de grèves sauvages pour obtenir « prêts » et pots de vins divers. Là encore, avec 400 films produits par an, l’affaire se révèle éminemment juteuse. Si les studios ne se montrent pas difficiles à convaincre pour passer ces deals, c’est qu’eux aussi s’y retrouvent. Les sommes déboursées pour assurer la paix sociale restent bien moins élevées que d’éventuelles hausses des salaires ou qu’une application stricte du code du travail. Au final, patrons et gangsters s’accordent pour se sucrer allègrement sur le dos de la classe ouvrière.

James Cagney dans The Public Enemy
Parallèlement à cette emprise, la relation entre la pègre et Hollywood s’immortalise très tôt sur grand écran. Si le passage de Capone sur les terres californiennes aura été bref, il aura néanmoins laissé une trace indélébile en inspirant toute une série de films, de Little Caesar (1932) à Scarface (1931). Le film de gangsters devient rapidement un genre en soi, parsemant le patrimoine du cinéma américain d’une nuée de chef d’œuvres (20 best gangster films of all time). Ce jeu de miroirs s’explique par une porosité entre deux mondes assez similaires. Sociologiquement, le septième art comme le gangstérisme, tend à attirer des personnes désirant s’émanciper de l’orthodoxie de la société, et autour d’eux toute une foule interlope. Si l’on ajoute un rapport ténu au culte du secret propre au deux univers (voir l’affaire Pellicano), les frontières se montrent vite très floues entre qui fait quoi (directeur castings, agence de call girls, mondains, agents véreux, maquereaux, pourvoyeurs de relation, dealers à la petite semaine…). De leur côté, les stars de cinéma aiment parader avec des gangsters dans les dîners en ville, cette compagnie leur donnant un cachet d’authenticité, une sorte de street credibility avant l’heure. Les voyous quant à eux n’ont jamais caché leur attirance pour le glamour, leur gout du cash et un certain désir de respectabilité. L’effet de mimétisme joue alors dans les deux sens : à l’écran les acteurs s’imprègnent du folklore mafieux, à la ville les acteurs (George Raft en tête) apprennent aux voyous les règles de l’art sartorial et du savoir-vivre – ainsi naîtra le combo chemise sombre-cravate blanche si caractéristique des gangsters de l’entre-deux-guerres.
La triste réalité, c’est que ces types étaient des ordures – James Ellroy
C’est sur la base de cet accord tacite que se construit le mensonge hollywoodien sur la mafia, métamorphoser aux yeux du public une bande de béotiens de peu d’honneur se comportant comme des parasites pour en faire des personnages romanesques, virils, respectant un code conduite pas plus immoral qu’un autre. Là encore un rapide coup d’œil sociologique, nous renseigne sur le profil moyen du gangster US du début de siècle : immigré de première génération, débarqué de sa ruralité, peu éduqué… Les principes mafieux s’appuient d’ailleurs largement sur ceux qui régissent les sociétés traditionnelles (respect des anciens et de la hiérarchie, religiosité proche de la superstition, patriarcat fort…) mais pour n’en retenir qu’une loi du plus fort. Si des Capone ou des Escobar s’imposent au sommet de l’échelle du crime organisé, c’est uniquement dû à leur brutalité – qui s’exerce neuf fois sur dix sur les plus faibles. En vrai les truands de cinéma ne sont qu’une bande de ploucs cupides et mal dégrossis, bien loin de la figure suave d’un Humphrey Bogart.
La nature imite l’art – Oscar Wilde
Alors bien sûr, quand sort Le Parrain en 1972, la mafia en mène large, elle tient là son Autant en Emporte le Vent. Hollywood lui offre une sorte de réhabilitation en perpétuant le mythe du truand respectable, empreint d’une certaine noblesse (qui ne vend pas de drogue, ne balance pas…) et en lui concédant plus de pouvoir et d’influence qu’elle n’en a réellement. Si le cinéma en est venu à croire au mythe qu’il a lui-même créé en présentant les gangsters sous un angle glamour, il en va de même pour la mafia. La popularité du film est telle qu’elle entraîne une modification du comportement des gangsters eux-mêmes. Le film de Coppola a par exemple remis au goût du jour certaines pratiques tombées en désuétude comme embrasser la bague du don. Mieux l’utilisation du titre « parrain », une pure invention du film, se popularise dans le milieu. Les patrons de studio qui se sont toujours complus à faire tourner leurs affaires en autocrates patentés reprennent des expressions comme « It’s not personal, it’s strictly business », voire à se griment comme des chefs mafieux. Trente ans plus tard, l’une des criminelles les plus terrifiantes qui soit, Griselda Blanco dite la Madrina, prénommera son fils Michael Corleone.
L’ensemble du modèle économique est a mis à mal par le célèbre « procès de l’escroquerie des studios » dans le milieu des années 40 qui dévoile au grand jour ces pratiques frauduleuses et entraîne tout une série de condamnations. Pour autant la mafia n’est pas éradiquée, bien au contraire. Les années 50 voient les plus grandes stars de l’époque baigner dans l’underworld. Sammy Davis ou Dean Martin n’hésitent pas à faire la tournée les night clubs tenus par la pègre pour contracter des prêts, puis ensuite pour les rembourser. Idem pour Frank Sinatra, qui en sus donne des galas de charité au profit des familles de mafiosi incarcérés et sert de porte-valise pour transporter le cash de Sam Giancana, patron de l’Outfit. Il utilise même directement ses relations pour le mettre en contact avec la famille Kennedy. Chose incroyable, quelques années plus tard le boss de la mafia et le président des États-Unis partagent au même moment la même maîtresse : Marylin Monroe. Cette dernière fait d’ailleurs très tôt l’objet d’une enquête du FBI concernant ses liens exigus avec la mafia.
Una volta corrotto, sempre controlato (Corrompu un jour, esclave pour toujours)
De nos jours, il est de bon ton de croire que la gangrène mafieuse appartient au passé, mais ce serait faire fi de ses ressources sans pareil pour constamment s’adapter. Dans les années 70, l’émergence de la pornographie offre à la mafia un jackpot sans précédent : Gorge Profonde, le premier film X à devenir mainstream. Financé à hauteur de 22 000$ par la famille Peraino, on estime qu’il en a rapporté quelques 600 millions. Résultat, le business pour adultes devient en un temps record la chasse-gardée des mafieux. Et quand l’âge d’or du porno prend fin à l’orée des années 80, la mue continue avec l’avènement de la VHS fait apparaitre une nouvelle niche, le marché du piratage. Puis la financiarisation de l’économie ouvre de nouvelles perspectives comme le rachat de la MGM au début des 90’s rendu possible par l’apport de fonds d’origine illicite. Ne parlons même pas du gap financing, ce système de financement qui autorise la lancement d’un tournage alors que la totalité des fonds ne sont pas encore réunis… Plus généralement, avec la dématérialisation de l’économie les mouvements de capitaux sont plus difficiles que jamais à tracer, du pain bénit pour les organisations criminelles qui se sont embarquées à pleine vitesse dans le grand virage de la mondialisation (voir l’excellent ouvrage de Jacques de Saint Victor Un pouvoir invisible: Les mafias et la société démocratique). Alors si la mafia a perdu en apparence son lustre d’antan, elle n’en reste pas moins intimement liée au monde su spectacle. Comme le disait Keyser Söze à la fin d’Usual Suspects, citant Baudelaire, « la plus belle des ruses du diable n’est-elle pas de vous persuader qu’il n’existe pas ? ».

[Bonus] Dans la série dégonflons les baudruches…
Avant d’être frappé de monomanie aigue, Alain Soral racontait souvent des trucs intéressants. Preuve en est avec ce passage de Jusqu’où va-t-on descendre ? (2002) consacré à ces icônes des temps modernes que sont devenus les gangsters de cinéma. Recommandé à tous les « petits qui pensent à Tony devant leurs Petits Suisses ».

« Pas de sociétés sans icônes (Ulysse, Jésus, Tristan et Iseult…) à cette différence près que les icônes d’hier exaltaient le vrai, le bien et le beau, quand celles d’aujourd’hui nous vendent plutôt le vice, le toc et le naze. Ainsi en va-t-il du gangster…
- Physique
Le mythe : un beau ténébreux viril marqué par la vie (cicatrice) ; un balaise ou un félin d’un courage physique et d’un rare sang-froid.
La réalité : un beauf looké comme un forain (petit bandit) ou comme un nouveau riche (grand bandit); un gras du bide (anxiété, boulimie…) au sang chaud, prompt à dégainer son flingue, surtout contre qui n’en as pas.
- Personnalité
Le mythe : un solitaire qui a tout compris de la vie (Le Samouraï de Melville); un anarchiste à l’enfance douloureuse (à la Jean Genet), mi-Robin des bois (du côté des pauvres), mi-Arsène Lupin (gentleman du crime) ; un esthète du beau coup (Spaggiari) doublé d’un cérébral travaillant en scientifique (expert en électronique) mais qui par esprit d’aventure, brûle aussi la vie par les deux bouts (dimension héroïque voire suicidaire à la Mesrine)
La réalité : jeune bandit, un violent, un colérique ou sournois, de peu d’honneur (tabassage à plusieurs, attaque surprise et indicateur de police quand ça tourne mal) ; un lâche (proxo juste bon à terroriser des filles paumées) qui joue avec la chance et finit toujours par perdre (prison).
Vieux bandit (quand il y arrive), un mec aux convictions d’extrême droite cynique et prudent (il a su placer son pognon dans des affaires en règle : boîtes, restaurant, et préfère passer aux yeux de ses clients pour un respectable électeur RPR), bref un bourgeois qui vit finalement en commerçant (avec qui il partage le même goût de la fraude fiscale et du cash) lorgnant sur son tiroir-caisse.
- Vie affective et sociale
Le mythe : une vie d’homme libre (pas de ménage, ni d’enfants à charge) faites d’aventures, de braquages (adrénaline) et d’amitiés viriles. Un tombeur qui sait comment s’y prendre avec les bourgeoises, mais garde son amour pour les affranchies (toutes femmes du peuple). Passé la quarantaine, un type très classe (look à la Yves Montand) qui gère sa fortune (boîte de nuit avec entraineuses toutes amoureuse de lui, et magot en Suisse) d’une île Pacifique, et qui monte encore sur de rares gros coups pour le fun (genre Thomas Crown). Vieux enfin, un patriarche respecté, consulté par les nouvelles têtes brûlées comme l’Antoine Pinay du crime (Gabin vieux avec Belmondo jeune).
La réalité : pour les pointures (grand banditisme), prend de gros risques (prison, blessures, décès) pour de l’argent vite et mal dépensé (flambe de la tune qui brûle les doigts, cherté d’une vie clandestine et des cavales). Pour les minus, humiliation hiérarchique comme chez les employés de bureau (mais sans prud’hommes, ni syndicat), travail manuel : escalader, ramper, déménager des meubles (cambriolages), attente (plaque interminable) galères (refourgues laborieuses).
Sur le plan sexualo-affectif, se tape surtout des putes (fausses blondes vulgaires à faux seins) et des bonniches (les seules que ses goûts de nouveau riche peuvent impressionner). Habite des endroits moches (mauvais goût auquel s’ajoute l’obligation d’être discret pour ne pas attirer le fisc et les poulets), voire sinistres (planque, cavale) ; avec en guise de vacances, de nombreux séjours en prison (collé à Mouloud, le gros Dédé et Riton la Malice dans 9m²). En moyenne 10 ans de sa vie à faire la lessive à la main et attendre la visite de bobonne, ex-pute ou vendeuse qui lui est restée fidèle (l’autre s’étant tirée avec son pognon), qui lui permet de cantiner et d’engraisser son avocat. S’il ne prend pas deux balles dans la peau ou ne s’est pas reconverti à temps en représentant en spiritueux, finit ferrailleur (ex-Fort d’Aubervilliers) à maquiller des bagnoles pour des jeunots irrespectueux (loi du plus fort comme chez les animaux).
Quand à celui sur cent qui a vraiment réussi : finit sa vie en petit rentier (maison au Vésinet, berline intérieur cuir et emmerdeuse à bijoux) dans la hantise qu’un ancien « assoce » dans la dèche ne vienne lui demander de l’aide ou des comptes.
Et pourquoi ce mensonge ?
D’abord pour alimenter l’industrie du polar : les livres et les films sur le crime rapportent bien plus d’argent aux producteurs que le crime aux malfrats. Ensuite pour faire frissonner le bourgeois (spectacle), tout en cautionnant sa pratique (tous des voleurs… comme moi !). Enfin pour détourner les pauvres, qui voudraient s’en sortir, de la solidarité de classe et du combat politique : tous ces crétins de banlieue qui se prennent pour Scarface et qu’on retrouve, après trois séjours en prison, gardiens de parking ! »

COMMANDEZ LA MAFIA À HOLLYWOOD DE TIM ADLER EN CLIQUANT ICI
Aurélien
Derniers articles parAurélien (voir tous)
- CAM’RON & JUJU, #TOOCOOLFORSCHOOL - 20 septembre 2014
- LA MAFIA À HOLLYWOOD - 16 septembre 2014
- « NIGGA WHAT ?! » L’HISTOIRE DU N-WORD - 26 août 2014
- LES SIGNATURES LES PLUS IMPROBABLES DU RAP JEU - 17 juillet 2014

How the Chicago Outfit made its Hollywood dreams come true - Gangsters Inc
20 best gangster films of all time - The Telegraph
Un pouvoir invisible: Les mafias et la société démocratique - L’excellentissime livre de Jacques de Saint Victor
Le procès des bas-fonds de Hollywood - Le Figaro
Gros taf, l’article est vraiment cool.
Juste 2 choses :
- on écrit « pain bénit », pas béni
- dire que « si des Capone ou des Escobar s’imposent au sommet de l’échelle du crime organisé, c’est uniquement dû à leur brutalité » me semble un raccourci rapide. Leur brutalité était mise en scène et amplifiée par les médias, comme tout ce qu’ils faisaient. Très tôt ils avaient compris l’importance de la perception du grand public, comme l’épisode de la soupe populaire de Capone ou du massacre de la St Valentin qui n’était en soi pas si monstrueux. Je dirais plus terreur que brutalité en fait, même si les mecs hésitaient pas à sortir quelqu’un de gênant.
Merci Quiou ! Effectivement de longues heures ont été nécessaires pour publier tout ça.
Par contre je persiste et signe, ces types n’étaient que des psychopathes, point à la ligne (doublé les trois quart du temps du QI d’une paire de chaussettes). Capone état cocaïné jusqu’aux oreilles en permanence et régnait dans un monde régi par la loi du plus fort (mais sans noblesse, on menace les pauvres, les travailleurs, les familles…) ; en faire des cerveaux est complètement abusif - à la limite Carlos Lehder ou Meyer Lanksy. C’est justement là qu’Hollywood fausse la perception de choses, un Don Corleone ça n’existe pas en vrai. Soral l’explique très bien.
Prends l’exemple de Benjamin « Bugsy » Siegel. On en fait un visionnaire, le démiurge de Las Vegas. J’adore le film (où son rôle dans Le Parrain) mais en réalité lorsqu’il fait construire Le Flamingo, il existe déjà 2 hôtels casino sur le Strip. Et l’idée d’en bâtir un troisième ne vient même pas de lui, il ne fera que s’emparer par la force du chantier déjà commencé. Ajoute à cela des affaires d’accusation de viol et tu conviendras certainement que le film et la légende qui l’entoure lui font la part belle.
Merci pour ton com’ en tout cas.
J’aime beaucoup tes références littéraires
L’un de ceux dont je crois qu’il est unanimement reconnu qu’il fut très intelligent, est Charles Lucky Luciano.
Lui même je crois disait qu’il aurait pu (du ?) faire une carrière honnête, « légale », et qu’il aurait terminé très riche.
Salut Matthieu,
En fait c’était surtout son compère Meyer Lanksky (dépeint sous les traits d’Hyman Roth dans le Parrain II) qui était reconnu comme une tête. À un moment il avait même embauché un prof particulier de maths pour qu’il puisse s’exercer au calcul mental, comme ça, pour le fun.
Merci pour ton com’.