Dans le sneakers-jeu, il y a ceux qui les achètent, et puis il y a ceux qui les vendent - sans parler de ceux qui les fabriquent. Quand tu engloutis tes revenus dans les baskets, bosser chez Foot Locker c’est un peu une consécration. Pourtant, mon séjour dans ce fast food de la sneakers n’aura duré que deux petites semaines. Résumé à la deuxième personne de cette expérience professionnelle qui sent la chaussette.

Le lieu du crime : 363-367 Oxford Street, London. Le plus grand Foot Locker d’Europe
J -15 : T’attends Denis, le manager du store, depuis presque une demi-heure déjà. T’en poireauteras vingt de plus avant qu’il daigne venir t’accueillir pour ton premier jour. Ce que tu prends au départ pour de l’ahurissement, n’est que l’expression de sa surprise : personne ne lui avait signalé que tu devais commencer aujourd’hui. Pourtant c’est bien lui qui t’as expressément demandé d’écourter ton séjour en France pour ramener ta fraise au plus vite. On passe donc d’un « l’équipe a impérativement besoin de nouveaux talents » à « pas grave, on remet ça dans 15 jours ? ». Mais bordel, pourquoi en plus c’est toi qui t’excuses sur ce coup ?!
JOUR J + 45 minutes : Rebelote question retard. Cette fois Denis t’accueille du haut de son mètre 65 en la jouant à l’aise (enfin selon ses critères), et en écorchant toutes les lettres de ton prénom comme si c’était la première fois qu’il le lisait - à croire que l’heure d’entretien d’embauche s’est déroulée avec son frère jumeau. Bonne surprise, les uniformes attribués sont neufs. Bon en soi c’est pas la coupe du monde, mais à McDo on était pas loin des tailles uniques interchangeables à volonté entre anciens et nouveaux employés (ton CV à la noix recèle un paquets de boulots à la noix). Voici donc cet instant fatidique où tu enfiles ce foutu maillot d’arbitre pour la première fois, ce bref instant qui te donne l’impression d’appartenir à un club d’esthètes, celui des authentiques amateurs de sneakers.
En parlant d’esthètes, arrivent les traditionnelles présentations avec les membres de l’équipe. À ce moment tu te prends encore à rêver à de sempiternelles discussions pour savoir lesquelles des Concord ou des Infrared sont les meilleurs Jordan de tous les temps, t’es pressé de rencontrer cette meuf dont « tout le monde » dit qu’elle ressemble à Ciara. Tu ne le sais pas encore mais ton rêve américain est déjà loin derrière toi. Oui parce qu’en vrai la Ciara qui bosse à la caisse elle ressemble beaucoup plus à une cousine de Bubble dans The Wire. Et qu’un jour viendra où la science reconnaitra que le combo climatisation mal réglée plus effluves d’imperméabilisants provoque des dégâts irréversibles sur le tissu cérébral des employés.

JOUR 2 : Certains des mecs pas présents la veille te font l‘immense honneur de venir te saluer. Les autres te toisent du regard en te donnant l’impression que la veille t’as couché avec leurs mères et leurs sœurs réunies. Bizarrement à l’énoncé des titres de chacun, tu te rends compte que t’es un des seuls du magasin qui n’ait pas le terme manager accolé à sa fonction. Après de plus amples investigations tu t’en tamponnes, au final tout le monde est mal payé pareil. Et puis tu peux toujours rehausser ton degré d’amour propre en allant regarder de haut les innombrables stagiaires qui défilent.
JOUR 3 : Denis se pointe pour te demander si c’est bien 18 heures que t’as besoin d’être libre trois soirs par semaine pour aller t’entraîner. Plutôt sympa venant d’un type pas très sympa (et qui n’a toujours pas appris à prononcer ton nom). Bon c’était quand même ta seule « exigence » stipulée lors de ton entretien d’embauche pour ce job même pas à temps plein. Ça ne l’empêchera pas de te faire finir les trois soirs en question à 19h00. Une forte envie de le croiser seul dans un parking armé d’un cric et accompagné d’une bande de gitans monte en toi. Te vient alors cette question : combien de fois faut-il manquer le concours de gardien de la paix pour terminer gérant chez Foot Locker ?

La réserve où tu passes le plus clair de ton temps
JOUR 5 : Une fois passé maître dans l’art de faire des lacets (la principale occupation d’un vendeur), vient cette surprenante session de formation où Michael (deuxième gradé du mago et capo en chef) t’apprend comment refiler des chaussures trop courtes aux clients. Il suffit de virer la semelle, tout simplement. Habile technique qui fait sciemment fi des répercussions sur la colonne vertébrale, mais bon on n’est pas des podologues, à chacun son métier. Et son métier, lui il le prend visiblement très à cœur. « Faut pas lui en vouloir, c’est un pro », murmurent les manges-boules à la pause.
Bras, croisé, jambes écartées, il t’assène sans frémir et d’un ton sentencieux ses quatre vérités sur le business de la sneakers. Le boug ça fait 5 ans qu’il est dedans, mais il porte toujours des all-stars dégueulasses… Et encore un qui croit s’être élevé dans le monde du salariat grâce à ses qualités personnelles. Ceci dit ça flatte toujours plus l’ego que de faire l’effort de réaliser que t’es coopté quasi-exclusivement pour tes facultés toutes pavloviennes à reproduire une organisation du travail avilissante et dénuée de toute réflexion. Et sur ce point, y pas à tergiverser, il mérite un bon point notre oncle Tom de la sneakers.
JOUR 7 : Après une petite semaine s’est installé au fond de toi ce sentiment assez déplaisant que plus rien d’autre ne va se passer dans ta vie et ce jusqu’à la fin de tes jours. Tu regardes ta montre toutes les deux heures, pour t’apercevoir qu’il ne s’écoule que 5 minutes à chaque fois. La musique qui passe en boucle n’y est pas pour rien. Alors okay la playlist est plus funky que celle des Galeries Lafayette, mais elle ne dure même pas 10 morceaux. À la fin de la journée, t’es physiquement irrité par toutes personnes ressemblant de près ou de loin à Akon, Young Jeezy ou même à Gwen Stefani, c’est dire…

Ne manque plus que la petite moustache là…
JOUR 9 : À la pause pendant que les trois quarts des gens regardent la télé accrochée au mur avec le souag d’un lapin qui fixe les phares d’une voiture, tu tapes la discut’ avec Stéphane. Dégaine primesautière, accent du sud (comment dit-on cagole au masculin ?) et racaille touch à la Michael Youn, il appartient à la cohorte des sous-assistants managers aux attributions des plus vagues. Sans lui avoir rien demandé, il te déblatère avec candeur et fierté sa vision du monde : « Non mas moi je travaille pas à Foot Locker, je travaille pour Foot Locker… Je comprends pas ceux qui pensent pas comme moi… Moi à la fin du mois j’essaye d’acheter un maximum de paires du magasin, je trouve ça normal ». Comprenant assez vite qu’avec sa rhétorique de chien en laisse il ne fera pas de toi son nouveau BFF, il va redoubler d’efforts pour te pourrir les rares petits plaisirs de ta journée. En gros dès que tu parles à une cliente, notre kéké en maillot rayé se pointe et la ramène sur le fait qu’il a pris des cours de karaté, que il y a même pas trois ans il était encore simple vendeur et qu’il supporte l’OM. YouPorn n’est pas prêt de fermer boutique.
Jour 10 : Sortie des Air Jordan 1 Old Love / New Love « Beginning Moments Package », cet Everest du design contemporain. Un évènement de taille dont seuls quelques privilégiés vont pouvoir profiter. Parmi eux, rare seront des clients étant donné le fait qu’à midi, toutes les paires sont vendues, ou dans l’immense majorité des cas, planquées dans la réserve par les vendeurs. Vu que t’as pas eu le loisir de toucher un salaire plein pour te les acheter, quelques années après tu de demandes si la taille 44 que t’avais dissimulée dans le faux plafond y repose toujours…

JOUR 12 : Quand tu taffes à Foot Locker, l’idée c’est de vendre des sneakers mais également des produits dérivés (lacets, chaussettes, spray de Perlimpinpin…). Au centre de cette stratégie : les semelles Spenco. Dotées de vertus quasi bibliques (désodorisantes, bonnes pour le dos et la détente, indestructibles…), tu es prié, non seulement de croire sans sourciller à ce baratin, mais surtout d’aller prêcher la bonne parole auprès de chaque client. Si bien que ces put*ns de semelles t’as l’impression que c’est ton seul sujet de conversation de la journée. Même arrivé chez toi le mot continue de résonner dans ta tête. Toutes les heures un manager zélé passe dans les rangs pour te donner un décompte de tes objectifs de vente Spenco. Tes chiffres importent peu en réalité puisque ce n’est jamais assez. Le jour où tu fais +60%, l’autre collabo de Michael trouve le moyen d’estimer tes résultats faiblards car tu devras atteindre les 80% avec lui (fact).
Et puis un soir par mois, vient le moment du Spenco Award, LE pic de WTF de ta quinzaine. Déjà la cérémonie se déroule après ton shift. Ça tombe bien à 21 heures t’as que ça à foutre, et d’ailleurs c’est pas compté en heure de travail, mais le reste de l’équipe (surtout les anciens) est tout émoustillé. Assis à même le sol, tu te farcis le motivational speech de l’autre fiotasse de Denis (même debout sur le banc il n’a pas l’air plus grand) qui dure 25 minutes et endormirait n’importe quelle mule chargée au Guronsan. Après toute une série d’applaudissements forcés, vient le moment de délivrer ledit award au meilleur vendeur de semelles du mois qui se pourfend lui aussi d’un discours longuet sentant bon la vaseline et la piètre estime de soi. À titre de récompense, en plus d’une plaquette à son nom, est dénichée une paire d’invendues roses et vertes fluo datant de la saison dernière et qui, le comble, n’est même pas à sa taille (fact). Les premiers seront les derniers comme disait l’autre.

DERNIER JOUR : Après avoir passé l’après-midi sous la pluie à alpaguer le chaland sur la devanture du magasin, te voici convoqué chez le grand inquisiteur Michael pour rendre des comptes sur tes piètre résultats de la journée. Figure toi te reproche-t-il que t’as rien vendu depuis la pause. Cherchant du regard une hypothétique caméra cachée, tu tentes de lui rappeler que malgré tes protestations c’est bien lui qui t’as envoyé te cailler la raie dehors mais rien n’y fait. Ce perfide étron ose même te lâcher un salvateur « je vois pas le rapport » qui réveille le Super Sayan enfoui en toi. Commence alors devant les clients un récital de toutes les déclinaisons possibles du F Word, suivi de menaces physiques à l’encontre de l’intégralité de son arbre généalogique. Bordel il s’agit quand même de quitter la scène comme un prince. Fait marrant, la seule réaction d’orgueil de ce type au corps de lâche qui a remisé il y a bien longtemps sa fierté dans une boîte à chaussures, sera de s’offusquer lorsque tu lui lâches que ce put*n de taf « c’est vraiment de la put*n de merde ». Sous l’œil de la caméra de surveillance ton maillot lui atterrit sur la tête (fact) mettant un terme à cet échange à sens unique et à quinze jours de nawak en continu.
Au final que retenir de positif dans cet océan de négativité ? Excepté deux, trois collègues avec qui tu parlais NBA et collais quelques feuilles à tes heures perdues, que dalle. Ces quinze jours c’était vraiment à chier.
Aurélien
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Bordel mais personne n’a jamais pensé à coller des photos des baskets dans les rayons, plutôt de passer des heures dans la journée à errer dans la réserve en checkant les références sur le côté droit des boîtes ?!?
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Good job pour ton article !
Haha très très bon. Mention spéciale au « j’vois pas le rapport » de Den’s.
En fait les mecs te stressent pour voir ce que tu vaux selon leurs critères, genre sélection en milieu naturel. Assez limité comme technique de management, et surtout un bon moyen de reproduire leur servilité.
Kiffage
Bonjour,
Cet article est très intéressant. Toutefois, un détail m’interroge.
Pourquoi avoir accolé la légende « Ne manque plus que la petite moustache là… » à une photo du célèbre et respectable (bien qu’un peu en peine ces derniers temps) basketteur américain Amar’e Stoudemire, apparemment en promotion dans un magasin de l’enseigne et déguisé en « manager ». Quelle petite moustache lui manque-t-il ? Que voulez-vous dire ? Je veux dire, au-delà de la question « pourquoi Amar’e Stoudemire ? », en admettant qu’il s’agisse d’un hasard, il reste la question « pourquoi cette légende ? » Si l’un des « managers » évoqués dans l’article portait une moustache, il ne me semble pas que cet attribut y soit détaillé. A moins que la moustache soit un dénominateur commun du « manager » Foot Locker ? Ou par extension de la misérable faune qui s’y agite ?
Je sais, ce commentaire ressemble fortement à ce que l’on appelle sur l’internet du trolling. Pourtant, il n’en est rien. Ma démarche est sincère, je ne comprends pas cette photo et cette légende, et cela me perturbe. J’ai essayé de trouver la réponse tout seul afin de ne pas vous importuner, mais rien n’y fait.
Merci de l’attention que vous porterez à ma requête, aussi insignifiante qu’elle soit. Selon les citations, on dit que Dieu, ou le diable, est dans les détails.
Salut,
Tu auras compris en lisant que le management est un brin autoritaire. Dans la pub où joue Stoudemire, il aspire à devenir manager. Là on le voit bras tendu, du coup ça fait un peu ambiance IIIème Reich. « Pire que les nazis » nous dirait le Roi Heenok. Certains peuvent aussi y voir une quenelle inversée
Bon tout ça est à prendre avec un degré 5.
++
Tout s’explique. Cette subtilité m’avait échappé. Je constate au passage que nous avons beaucoup de références en commun ! Merci beaucoup pour ta réponse.
P.S. Le fameux un degré 5 de Booba, j’ai toujours trouvé cette belle expression lourde de sens.
Sauf que apparemment t’es pas très branché Hitler :p
+ 1 pour Booba, même si on n’a jamais trop su si c’était « un degré 5″ ou « 1°5″ la terminologie exacte.
Peace.
J’ai une question. Pourquoi les vendeurs chez footlocker sentent-ils autant la sueur ?
Tu passes quand même tes journées à monter et descendre des escaliers pour aller chercher des boîtes de chaussures. C’est pour ça faut s’économiser
Super article! Un vrai kiff!!!
Elle date de quelle année cette expérience chez Foot Locker?
Merci Jordan. Quand le pack Jordan est sorti, en 2007 si je dis pas de bêtises. Mais bon à ce qu’on m’en dit rien n’a changé.
Salut Aurélien,,
EN lisant ton article je ne peux m empêcher d avoir un petit sourire en coin… 15 jrs chez Foot Locker a Londres et voila ce que tu en retiens….
CLAP CLAP CLAP..
Chaque société a ses points positives et négatives Foot Locker compris ….
En lisant tes 15 jrs passés la bas je peux m apercevoir que tu n a aucune fibre commerciale (vendeur) aucun gout du challenge. pas d ‘esprit d ‘équipe et aucun professionnalisme.
Tu n as pas l air de t etre investi pleinement dans ton taf alors oui peut etre que le staff qui t entourais n était pas au top … mais sur un volume comme ca j ai du mal a croire que pas une personne n a réussi a t expliquer et te faire apprécier (ou pas ) le mode de fonctionnement du groupe.
Fool Locker a quand meme le mérite de laisser sa chance a tout le monde diplomé ou non, permet une évolution constante et une carière professionnelle intéressante ( pour les motiver, ce qui aime s investir et qui sont droit ds leur bottes)
Au sujet du salaire je tiens a préciser quand même que c est plutôt rare d être commissionnés sur ces ventes.. Si tu te bouges le cul sur un gros volume comme celui ci sur des grosse périodes un part time de 28 h peux se faire largement un SMIC …mal payé??? pas sur…
Pour finir juste pour info le plus grand foot locker europe se trouve a Paris Chatelet / les halles.
Bonne continuation Aurélien en esperant que tu trouvera un taf qui te corresponde mais un conseil ne reste pas dans le commerce….
Salut Sinka,
Apparemment tu taffes encore chez l’ennemi
Je suis assez d’accord avec toi sur certains points, notamment sur le fait que l’article se focalise uniquement sur le verre à moitié vide. Foot Locker (comme McDo et tant d’autres) te donne ta chance et tu apprends des choses (surtout du négatif). En soi quand tu te lances dans le monde du travail c’est énorme ; de plus la vente/le travail en équipe sont des valeurs clés dans la vie pro.
Par contre épargne moi tes impressions sur ma personne, je vais pas te sortir mon CV et mes références. Mon savoir-faire, mes compétences je ne les brade pas pour une entreprise qui n’affiche aucune considération envers ses employés. Face aux coups de bâtons, il y a ceux qui se courbent et ceux qui se cabrent. On n’est pas dans le même camp poto
« Le mode de fonctionnement du groupe » : je pense que je l’ai très bien saisi au contraire. Pour avoir taffé à Quick, Hugo Boss, Courrir (et tout un tas de boîte de ce genre), elles fonctionnent toutes sur ces principes managériaux périmés et bas de plafond. Les personnes qui montent sont à 90% des gens choisis non pas pour leurs qualités mais pour leur habilité à se montrer garantes du système en place - en moins gentils : pour leur faculté à justifier et reproduire leur servilité sans jamais se remettre en questions. Selon le principe de la fourmilière, même ceux qui les choisissent ne sont pas capables de conceptualiser cela.
[Petit aparté il m'est arrivé de travailler dans deux enseignes de la même marque. Malgré un univers très codifié, l'approche de l’équipe dirigeante changeait du tout au tout le rapport des employés à leur travail - et donc leurs résultats.]
« Sur des grosse périodes un part time de 28 h peux se faire largement un SMIC » : à Londres (où j’ai vécu 3 ans et demi pas 2 semaines hein) ça reste que dalle. De quoi survivre en « faisant du volume » (avec ce que ça implique côté client et côté « travail d’équipe »). Stp lis cette citation de Jordan Belfort (en la contextualisant chez les précaires) pour comprendre pourquoi on ne te donne pas plus, et pas moins.
mais je veux bien te croire.
« Pour info le plus grand foot locker europe se trouve a Paris Chatelet » : tu sais chaque store prétend avoir la plus grosse
En tout cas merci d’avoir pris le temps de partager ton avis, la contradiction est toujours la bienvenue.
PS : « Fuck le samedi, le lundi, le mardi. Taffer de 9 à 5, pour moi c’est pas la vie »
Les anglais sont tres exigeant et donne tres peu de moyens a ses employes . On te dit tu fait enfin tu te debrouille et fim de lhistoire . Ton article et les comms qui suit MDR
Haha, super article qui reproduit fidèlement ce que tu as vécu là-bas!
Pour le coup, je suis impressionné que tu aies conservé autant de souvenirs de cette période « impérissable »!
En tout cas, je pourrais presque faire le même article sur mes 8 mois de « larbinage » à Soccer Scene.
En tout cas, félicitations pour ton article, il est réussi.
La baieta Aurélien
Hehey le Brigadier !
Content de voir que le post dépasse le cadre de Foot Locker, c’est un peu la même partout malheureusement.
La baieta Loïc #NoHomo
Aurélien,
Je pense qu on pourrais communiquer des heures la dessus.
Et oui je bosse chez l ennemi et j ai la chance de travailler sur un petit volume en France .
Et c est surement pour cela que je permets de défendre un petit peu cette enseigne en ayant quand même conscience de ces défauts… et oui il y en a….:)
Ce qui ma énervé dans ton article c est que tu n as indiquer que les points négatifs.T a prise de recul et ton objectivité ma manquer.
Certes j ai bien conscience que ce n était pas le but de ton article mais je trouve ça dommage. Excuse moi si j ai remis en doute ta personne mais en même temps tu as un avis peu probant sur le staff de foot locker . Et c est dommage d en faire une généralité
Face aux coups de bâtons, il y a ceux qui se courbent et ceux qui se cabrent. On n’est pas dans le même camp poto
dsl de t apprendre qu au contraire on est bien ds le même camp mais nous n’avons pas la même approche tout simplement..
Je pense qu il faut tjs savoir retirer le positifs et le négatifs de chaque expérience (il y en a toujours)
Tu as droit de ne pas aimer ce principe ; ce mode de fonctionnement mais n en fait pas une généralité … Par curiosité reviens faire une expérience en France sur un plus petit volume le fond restera le même mais la forme sera bien différente et les valeurs humaines beaucoup plus misent en avant . Chaque personne de l équipe est importante et reconnu…
Et pour revenir sur le salaire je prenais un exemple mais travaillant en France, et au prorata des heures.
Bonne continuation
a ++
Et juste pour info
le plus grand volume europe
1 paris
2 milan
3 londres
C’est vrai que le débat est sans fin (mais pas sans fond). Je t’accorde volontiers que d’un store à l’autre l’ambiance et les conditions de travail peuvent changer du tout au tout.
Le problème c’est que cette organisation du travail prend le pas sur les personnes et dans 95% des cas tu taffes dans un environnement assez délétère - ce qui influe fatalement sur le personnel
Comme je l’ai écrit, ce post (qui est aussi un billet d’humeur) fait état du management en vogue dans la restauration, la vente, la téléphonie, etc. Donc oui je généralise et j’assume
C’est pour ça je pense que beaucoup de gens s’y retrouvent.
Pour info il y a dix piges je taffais à Courrir (dans un tout petit mago), c’est aussi pour ça que je n’ai rien appris sur ces deux semaines.
Merci pour ta contribution Sinka - et fais tourner au store manager
Peace.
Salut
pour avoir travaille plusieurs annees dans cette entreprise je peux te dire tu aurais pu et meme aurais du aller voir dans d autres boutiques la facon de bosser…. les directeurs ( et j en ai eu plus d un) ne fonctionnent pas tous de la mm facon et la GB et la france n ont pas les mm loi salaire et tps de travail! Tu aurais du faire cet article pour les anglais pas pour les francais! Petite info depuis 2007 il ne doit surement pas rester les mm personnes …. l equipe doit etre nouvelle et le directeur aussi donc les conditions de travail ont du changer!
Tout simplement tu es tombe sur un manager con comme ca aurait pu t arriver dans une autre enseigne.
Ciaoooo ciaoooo
Salut Hello,
Peut-être que t’as raison, mais comme je l’ai écrit précédemment, ce genre d’organisation du travail conduit à ce genre de comportements. J’admets donc volontiers qu’il y ait des exceptions. Après les process sont les process, les mecs qui passent toutes les heures te donner un compte rendu chiffré de tes ventes de semelles, garder un turnover constant, le diktat du temps partiel, les pauses désynchronisés, les heures sup pas payées, les com ridiculement basses qui poussent les vendeurs à s’écharper sur le dos des clients… Oui clairement j’étais pas dans mon élément
Et puis c’est pas uniquement le store manager et son second qui étaient plus que limite mais 80% du staff. Perso, le pire dans ces boulots ce sont de loin tes collègues qui acceptent et justifient tout sans sourciller (et sont les premiers à tirer ce taf vers le bas). Mais bon là encore cette organisation du travail tend sciemment vers ça. Franchement avec un peu de cynisme on ne peut qu’admirer cette mécanique bien huilée.
Foot Locker France je connais un peu, j’en garde pas un souvenir impérissable, loin de là… Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de différences des deux côtés de la Manche (mais je peux me tromper). Mais encore une fois, ce post c’est plus un témoignage sur ces McJobs. Si j’ai pris Foot Locker c’est pour montrer la face B du sneakers-jeu, mais tous les boulots de ce genre que j’ai fait auraient pu convenir.
Merci pour ton commentaire.
On dirait quelqu’un qui découvre le monde du travail et surtout du commerce. Surtout si tu restes deux semaines dans une boite , ne t’étonnes pas qu’il ne t ai pas construit une statue
Je compatie avec cette article car il révèle beaucoup de choses sur notre société, sur les chaînes commerçantes, et sur notre intégrité.
Pour par part, j’ai travaillé dans un magasin franchisé d’accessoires féminin au forum des Halles à Paris et je peux vous dire que cette expérience de 2 mois m’a marqué. Et pourtant je n’aurai pas cru qu’un magasin comme celui-çi, bien placé; disposant d’une quantité de gens démesuré pour la surface du magasin. Et bien non, PRESSION EN PLUS : objectif vendeur!
Je vais essayer de résumer les points négatifs clairement (car il n’y avait que des points négatifs):
Tout d’abord, l’objectif sale et immoral du magasin ( qui est surement celui beaucoup de magasin, mais qui vous dira que c’est justifié parce que le plus grand nombre le fait?) :
vendre des produits dont les gens n’ont pas besoin; les sur-flatté de leurs goûts esthétiques; les empêcher de partir tant qu’il n’a pas au moins 2 articles dans leurs paniers;
- ma mission : il fallait dénicher une proie fragile et peu sûr d’elle afin qu’elle craque fasse à mon insistance démesurée pour l’ « aider » dans ses achats. L’aider consister à manipuler son goût et sa réflexion.
- Il faut croire que j’avais une trop grosse conscience pour ne pas allé jusqu’au bout de cette objectif, car chaque jour, on me rabâché cette phrase : « plus, faut y allé encore PLUS, t’es trop en retrait là »
Tout le monde le sait, être « agressé » par une vendeuse n’a jamais plu à personne. Se qui se résume donc à s’attaquer au plus faible, se qui n’ont pas confiance en eux et qui n’ont pas assez de répartie pour se décrocher des spitchs des vendeurs, c’est les meilleurs car ça permet d’avoir un bonus à la fin du mois, enfin ceux qui sont là depuis minimum 1 an.
Je n’aurai jamais cru que faire partie de l’équipe d’un magasin pouvait me faire rendre compte de se qu’on occulte chaque jour et qui est sous nos yeux: cette manipulation constente d’un bonheur inexistant. LA…. surconsommation !
Salut Houses,
Tu fais bien de préciser ce point car c’est un aspect que je n’ai pas abordé. Les commissions représentent en gros ton argent disponible, ton fixe paye tes dépenses obligatoires. Elles sont assez basses pour que les vendeurs charbonnent en mode agressif. Clair qu’en tant que client c’est insupportable de te faire accoster 3 fois avant d’avoir regarder les produits. T’as aucune formation sur ce que tu vends, aucune représentation à moyen terme de ton job… Du coup ne reste que ceux qui se résignent.
+ 100 pour le coup des « faibles ».
Merci pour ton commentaire !
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Ce qui me dérange dans les jobs peu qualifiés (pour ne pas dire pas du tout, on va pas me faire croire qu’il faut un quelconque diplôme pour bikraver des : pompes / sappes / yaourts à quelqu’un), c’est souvent le côté grand tapin organisé.
Tu tapines lors de l’entretien d’embauche, tu tapines sur ta lettre de motivation (là lettre de motivation c’est ton string, le capitalisme le mac, et toi la pute), pour se retrouver souvent avec des cons à qui tu ne peux pas dire qu’ils sont cons, des process débilitants…
Mais vu qu’il faut manger et payer les factures, et bien tout le monde s’écrase car de toute façon y’à rien à dire : tout le monde le sait, et c’est comme ça que ça marche. Donc quand tu dis « y’à ceux qui se cabrent et les autres », bah je trouve ça fort condescendant : y’à ceux qui peuvent se permettre de se casser, et y’à les autres.
Le capital a bouffé l’homme. On pourrait trouver des millions d’exemples et de contre-exemples, mais c’est ma conviction.
Aujourd’hui, je respecte autant quelqu’un qui taffe dur pour payer ses factures que celui qui bikrave du marron car il s’est rendu compte de la douille interplanétaire qui l’attendait.
Salut Jesus,
On est assez d’accord même si la vente, comme le reste, et bien ça s’apprend - pour le coup c’est toi qui est un brin condescendant
« Y’à ceux qui peuvent se permettre de se casser, et y’à les autres » => Oui c’est vrai dans le cas extrême où tu as des impératifs extérieurs (dettes, proches à nourrir…) mais combien de personnes sont réellement dans cette situation entre 20 et 30 ans ? Très souvent le « j’ai pas le choix » vient masquer le fait que si t’as le choix, mais ce choix n’est pas évident.
Et puis l’idée n’est pas de cliver la situation à ce point, dans le monde pro il suffit que 2, 3 employés aient un peu d’estime de soi pour ne pas se faire marcher dessus et tout le groupe en profite…
Merci pour ton commentaire.
Je ne dis pas ça avec condescendance, mais aujourd’hui on demande des diplômes pour tout et rien. Certes la vente s’apprend, mais de là à en faire des diplômes… (j’parle de vente de détail, en magasin). J’pense que certaines choses s’apprennent en pratique seulement.
Je parlais pas forcément des « jeunes ». Mais les situations de merde dans des jobs de merde, comme celle que tu décris, c’est valable dans toutes les tranches d’âge.
Je pense pas que ce soit relatif à l’estime de soi comme tu dis, plutôt à la nuance entre le fait d’exercer le pouvoir (conféré par la position hiérarchique) et le fait d’en jouir.
Si tu commences à ouvrir ta gueule, on peut te mettre la misère, même si tu le fais proprement, sans arrogance. Après comme tu dis on a toujours le choix de se casser, mais ce n’est pas toujours évident.
Quand t’as 20 piges, tu passe le salam et adieu.