LES FILLES DU MOOVE DE L.A.

Rolex au poignet, initiales tatouées sur le bras, Sam Plouchart, la trentaine, est un vétéran des nuits de Los Angeles. Son job ? Remplir les clubs avec les plus belles filles d’une ville qui attire les hipster girls, golddiggers, fashionistas et autres groupies du monde entier. Avec 8 000 numéros de téléphone au compteur, un revenu annuel estimé à 100k dollars et un réveil qui ne sonne jamais avant 11 heures, il nous raconte ses six années au cours desquelles il a exercé la fonction de promoteur de soirées - VIP host en VO.

Les Filles du Moove de LA @LignessdeFrappe.com

YO fuckin’ LO

LignesdeFrappe.com : Salut Sam, la forme ? Quand on est Frenchie comment se retrouve-t-on à vivre à Los Angeles ?

Sam : Au top et toi ? L.A. était déjà ma deuxième maison après Paris. J’avais étudié un an à l’université de Santa Barbara (UCSB) avant mon bac. En France, je bossais dans la mode, je bookais des célébrités pour le magazine Citizen K, je taffais pour Lagerfeld, Dior, Lanvin… Je passais mon temps entre les deux villes. Et puis j’ai eu l’opportunité de bouger.

Comment s’est passée la transtion du monde de la mode au monde de la nuit ?

Assez naturellement en fait. À partir du moment où tu sors beaucoup, tu rencontres du monde, beaucoup de monde, aussi bien la foule en général que les clients table ou les propriétaires de clubs.

Les filles sont le nerf de la guerre dans ce business

Entre les soirées californiennes et les soirées parisiennes, qu’est ce qui change le plus ?

Disons qu’à Paris il y a des endroits vraiment cool et d’autres qui laissent franchement à désirer. Tout cela ne se mélange pas très bien.

Promoteur ça consiste en quoi concrètement ?

C’est être rémunéré par des boites de nuit pour garantir qu’il y aura des filles à leurs soirées. Certains clubs font de la quantité pour remplir les lieux, d’autres cherchent des groupes plus particuliers, adaptés au gout du jour. Bon quand on parle de filles, on parle de filles qui mesurent une certaine taille, pèsent un certain poids et savent se maquiller hein ;)

Les filles sont dans ce business un mean to the end, un moyen de ramasser du fric. J’en profite au passage pour toutes les remercier de m‘avoir permis de prospérer !

Et tu les trouve où ces filles du moove ?

Déjà il y a certains complexes d’appartement où historiquement toutes les filles qui débarquent habitent au cours de leur première année. Le bon plan c’est d’aller passer l’après-midi là-bas, squatter la piscine. Après tu peux aussi aller débaucher chez la concurrence en participants aux cocktails et events en début de soirée et attirer leurs habituées.

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Sam et son partner in crime, Jacobs

C’est vous qui aller vers elles ou l’inverse ?

C’est le promoteur qui fait le premier pas, il faut être sans craintes et en confiance sinon ça ne marche pas. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, même si LA est certainement la ville numéro un en matière de filles jeunes, attirante et célibataires, la concurrence n’est pas si rude entre femelles. En dehors du monde de la nuit surement, mais pour ce qui est des clubs pas vraiment. Il y a tellement d’établissements, entre ceux qui ouvrent ceux sont en fin de vie, qu’il y a toujours un endroit pour faire la fête.

Du coup c’est plutôt entre promoteurs que la concurrence est féroce ?

Quand j’ai débuté nous n’étions pas nombreux, puis le métier s’est développé. Ce qui est tout bénef’ pour les filles. Nous les sortons pour un budget de 0$ : limo, tables, alcool… elles ne payent rien. Et certains promoteurs n’hésitent désormais plus à rémunérer les groupes les plus côtés pour les faire venir.

Au plus tôt tu te couches à 3 heures du mat’ tous les soirs

À quoi ressemble ta journée type ?

Réveil au milieu de la journée, saut dans la piscine, jacuzzi, déjeuner/meeting, shopping, gym. Après ça, le boulot commence. On n’est pas dans le nine to five, ça tombe bien la vie de bureau ce n’est pas mon truc. Donc pré-soirée chez moi avec mon associé et un groupe de filles, environ une vingtaine, puis départ en limo vers le club. Quatre heures à faire la fête avant de bien souvent terminer en after-party dans la maison du client, avec vue sur toute la ville au lever du soleil. Et rebelote le lendemain, et le jour d’après, et le jour d’après.

On bosse tous les soirs de la semaine à l’exception du dimanche et du lundi où personne ne sort véritablement. La qualité de la foule varie suivant les jours. Historiquement le jeudi soir est la soirée à ne pas manquer, celle à laquelle sont présents les gens cool qui esquivent le weekend.

Financièrement ça vaut le coup de vivre cette vie ?

Entre les salaires payés par les clubs et les commissions sur les tables, tu te fais en une semaine l’équivalent d’un salaire moyen à l’aise, sans compter tous les avantages en nature qui rendent ta vie presque gratuite.

Du coup le job bénéficie d’un certain standing, l’image du promoteur se doit d’être showy. Tu es en représentation constante : tu dois conduire une caisse de luxe, diner dans les restaurants réputés tous les soirs, t’habiller d’une certaine façon… Un peu comme une célébrité. D’ailleurs dans le milieu de la nuit tu en deviens une en quelque sorte. Mais bon tout ceci se fait au détriment de ta santé…

Tu travailles exclusivement pour les clubs ?

Oui clubs et évènements, mon associé et moi ne sommes jamais tombés dans le presque-réseau de prostitutions.

Michetonneuses, starfuckeuse, aspirantes actrices…

C’est-à-dire ?

Le job du promoteur est de créer une fête en faisant office d’intermédiaire entre le client et le club. Le jour tu deviens trop gourmand, trop greedy, tu participes vite à cette nouvelle forme de prostitutions en nature. Avec les montagnes d’argent qu’il y a ici, je te laisse imaginer les « cadeaux » reçus par ce genre de filles.

Sans aller jusque-là, c’est un job de célibataires ?

Pas nécessairement même si c’est compliqué. Les filles sont ton gagne-pain, si tu couches avec l’une, l’autre ne viendra plus, donc tu perds un groupe. Si t’es maqué ta meuf passe son temps à faire la gueule vu que tous les jours tu es entourée… à vrai dire il n’y a pas vraiment de solutions.

Big Pimpin

Donc le mythe de la meuf qui vit de soirées gratuites et de cadeaux de divers amants friqués n’est pas un mythe ?

Loin de là, j’en connais des tas. Leurs parents payent leur logement si elles sont en fac ou elles ont un petit boulot genre vendeuse, et ensuite elles sortent à l’œil et se font offrir des sacs Vuitton, des Jimmy Choo, des vacances… Et puis un jour elles font un beau mariage de raison.

J’imagine que ton activité a dû radicalement changé ta vision des femmes ?

Totalement j’ai vu pas mal de choses immondes, je préfère encore ne pas en parler haha. Ça va de la fille qui te propose un plan à trois si je fais rentrer sa copine restée dehors, à celle qui veut m’offrir une Rolex pour taper l’incruste. Moi je m’en fous j’en ai déjà une !

Pour finir quels sont les sons qui tournent à LA en ce moment ?

Des trucs comme Gorgon City – Ready for yor love, Katy Perry en feat avec Juicy J, Dark Horse ou Galantis - Smile (Kaskade Edit).

Un dernier conseil avant de se quitter : je débarque à LA, je en connais personne, comment je rentre dans les clubs digne de ce nom ?

Ce qui marche le mieux reste d’être direct sans passer pour un bizarre, ça fonctionne plus souvent qu’on ne le croit. Inutile de baratiner en balançant des noms. Mais bon au pire tu me passes un coup de fil :)

On fait comme ça, merci Sam !

Toutes les photos ont été prises par Hugues Laurent et sont reproduites avec son aimable autorisation. Retrouvez l’intégralité du reportage où il suit Sam et Jacob pendant le Coachella Music Festival : Promoters.

 

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Aurélien

Aurélien

El Jeffe chez LignesdeFrappe.com
« Dans les fissures de nos murs ce n'est pas le système qui gagne mais la volonté de ton cerveau. »
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5 Comments

on “LES FILLES DU MOOVE DE L.A.
5 Comments on “LES FILLES DU MOOVE DE L.A.
  1. Au top cette article, les questions sont cohérentes et on sent beaucoup de détente dans cette interview ! Super job en tout cas :)

    En revanche, la couleur jaune pour les questions ça pique les yeux, à moins que ce ne soit pour rappeler le coté dorée des soirées endiablées de L.A ?

  2. Article super intéressant, même trop court à mon goût! j’aurais bien aimé en savoir un peu plus sur cette vie de promoteurs à L.A, rencontres avec les différents monde à L.A (cinéma, mode, musique…)

    • Les interview c’est toujours mieux qu’il soient trop courts que trop longs. Et puis tout ne peut pas être dit en public ;) Je te conseille de jeter un œil sur les liens du premier commentaire pour approfondir le truc.

      Peace.

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