#AssQuake, #AppleBottom, #BubbleButts… Toute une floppée d’hashtags ne sont désormais plus l’apanage exclusif des video hoes afro-latinas. Les Phat Ass White Girls sont parvenues à se faire elles-aussi une place au bord de la piscine du rap-jeu. Hommage aux sœurs qui ont besoin de deux chaises pour s’asseoir. PAWG, PAWG, PAWG !

« She got an ass like loaf of bread Make you want a slice »
Un gros derrière c’est avant tout une question d’équilibre. Défi permanent aux lois de la gravité, offense cratérisée aux diktats des podiums de la haute couture, ce beau (et gros) cadeau de la providence exige une maîtrise de chaque instant, des premiers moments de la journée où enfiler un jean relève de la gageure aux dernières heures de la nuit quand l’exécution d’un booty shake dégage ce sentiment d’assurance enivrant. Et c’est là qu’opère toute la magie des visages pâles, peu habituées à se voir dotées de courbes ressemblant à s’y méprendre à celles d’un circuit de F1, prises en otages entre les feux de l’admiration sincère et la jalousie larvée de leurs congénères. Naviguant sur cet océan d’envies et d’incompréhension, elles composent chaque jour que Dieu fait entre pudeur discrète et tentation de l’exhibition, entre fausse gêne et esquisses affichées des rondeurs de la terre mère. Si chez la femme il y a toujours ceci en filigrane, c’est encore plus vrai pour les heureuses élues dont le bas du dos rappelle les soirées de pleine lune. Contrepoids harmonieux lisse au toucher comme à la vue, un gros derrière, pour peu qu’il affiche ses délices sans emphase et avec la dose de retenue nécessaire, sied alors à merveille avec les attitudes maniérées d’une étudiante en fac de lettres, la rigueur doucereuse d’une cadette de la bourgeoisie ou la fraîche candeur d’une serveuse.
Si ce doux mouvement de balancier déchaîne l’attention de l’assistance à chaque apparition(mâles alpha et girly girls inclus), cette magie ne se résume pas, loin s’en faut, à la circonférence des hanches. Sublimer l’opalescence d’un gros derrière obéît à toute une série de codes à respecter, à commencer par cette équation impossible, ce paradoxe sur talons, la rivalité qui oppose la puissance de cette cambrure cristalline et la délicatesse des chevilles. Les attributs des sœurs blanches étant largement plus amènes que ceux d’un booty sculpté dans ces salles de sport qui sentent la clim’ et les sachets de compléments alimentaires en poudre, il n’est pas pour autant question de confondre un fessier généreux avec une quelconque marque de laisser-aller. Dans la colonne des do, un ventre plat n’est pas une option. Ce côté natural (à prononcer avec l’accent brésilien) se doit d’être soigneusement cultivé pour esquiver les affres du temps, la frontière entre un white booty et une white Fatou se révèle souvent bien mince pour le coup. C’est sur ce terrain, quelque part entre l’éphémère et le vulgaire, entre juste retenue et souci du raffinement que le pouvoir de séduction de l’antre du diable des filles blanches vient subjuguer l’expression de la féminité. À croire que la taille fait la différence.

« Her ass is a spaceship I want to ride »
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Aurélien
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Un clin d’œil à Marion, serveuse du café La R*** à Sète pour avoir inspiré l’écriture de ces quelques lignes
Eloge des fesses (ou l’anti-miroir) - Un texte de Marcel Zang
Pas mal comme tube !!